Alger déroutera ceux qui s’y rendent sans s’y être préparés. Et elle enchantera les autres. La capitale algérienne cumule les contrastes : une Casbah ottomane et labyrinthique, des façades Art déco héritées de la période coloniale, une baie qui rivalise avec les plus belles de Méditerranée. Voici comment en tirer le meilleur.
Se perdre dans la Casbah, le cœur de la ville

Un labyrinthe classé à l’Unesco
La Casbah mérite qu’on lui consacre une journée entière. Ce quartier historique, perché à 120 mètres au-dessus de la mer, dévale la colline en un réseau dense de ruelles pavées, de maisons blanches et de portails en bois sculpté. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, il abrite la citadelle datant du XVIe siècle, des medersas, des mausolées et plusieurs palais ottomans dont le Palais des Raïs (aussi appelé Bastion 23). On s’y perd volontiers : c’est l’idée. Un guide local transforme la balade : chaque porte dissimule un patio carrelé, chaque ruelle une histoire.
Les mosquées historiques à ne pas manquer
La mosquée Ketchaoua, au cœur de la Casbah basse, est reconnaissable à ses deux minarets. Construite en 1436, elle fut cathédrale catholique pendant la période française avant de redevenir mosquée en 1962. La mosquée Jamaa al-Jdid, surnommée la Mosquée de la Pêcherie, affiche des coupoles dignes d’Istanbul avec un minaret maghrébin de 27 mètres. Quant à la Jemaa Kebir, la Grande Mosquée d’Alger, elle remonte à 1097 et reste l’une des plus anciennes du pays. Ces trois lieux à eux seuls justifient le détour.
Les incontournables culturels et architecturaux
La basilique Notre-Dame d’Afrique
Perchée à 125 mètres au-dessus de la baie, cette basilique romano-byzantine du XIXe siècle offre une vue à couper le souffle sur l’étendue bleue de la Méditerranée. Les Algérois l’appellent affectueusement « Lalla Myriam » ou « Madame l’Afrique ». Son inscription trilingue — français, arabe, berbère — résume à elle seule la complexité de l’histoire algéroise. Une messe quotidienne en français y est célébrée, mais on vient aussi pour l’architecture et le panorama.
La Grande Poste et le front de mer
En redescendant vers le centre, la Grande Poste s’impose. Son style néo-mauresque, aussi élaboré à l’intérieur qu’à l’extérieur, en fait l’un des plus beaux bâtiments de la ville. Rue Didouche Mourad, les façades haussmanniennes, Art nouveau et Art déco se succèdent dans une promenade architecturale improbable. Le front de mer et la place des Martyrs complètent ce tableau, avec le mémorial du Martyr dressé sur les hauteurs d’El Madania : un monument imposant érigé en 1982 pour commémorer l’indépendance.
Musées et espaces verts pour souffler
Le jardin d’Essai du Hamma
Fondé en 1832, ce jardin botanique de plus de 3 000 espèces végétales s’étend comme une jungle en plein cœur de la ville. Divisé en un jardin à la française, un jardin anglais et un zoo, il accueille aussi des statues et des animaux. L’un des jardins d’acclimatation les plus importants au monde selon les botanistes, et une respiration bienvenue après les ruelles de la Casbah.
Le musée national des Beaux-Arts
Juste au-dessus du jardin d’Essai, ce musée est le plus grand d’art du Maghreb et d’Afrique avec 8 000 œuvres. Peintures, sculptures, gravures, mobilier ancien, céramiques, verrerie, numismatique : la collection est d’une richesse rare pour la région. À compléter par une visite au musée national du Bardo (collections préhistoriques) ou au musée national des Antiquités et des Arts islamiques, selon le temps disponible.
Manger et vivre Alger au quotidien
Alger se vit aussi à table. La rechta, des pâtes de semoule aux pois chiches et à l’agneau parfumées à la cannelle, est le plat algérois par excellence. La chorba, soupe aux vermicelles et à la viande, réchauffe à n’importe quelle heure. Le bourek, feuilleté croustillant fourré de viande ou de légumes, se mange sur le pouce dans les rues du centre. Côté sucré, le makroud et les dziriettes s’achètent dans les pâtisseries de la rue Didouche Mourad.
Pour la vie de quartier, le souk El Fellah propose artisanat et produits locaux. Le soir, le Théâtre national algérien et les espaces culturels du quartier d’Hydra animent la ville. Les amateurs de lectures y trouveront L’Arbre à Dires (boulevard Sidi-Yahia, Hydra), la meilleure librairie du pays, riche en littérature algérienne contemporaine.
Quelques idées pour prolonger le séjour
Deux jours suffisent pour les incontournables. Avec plus de temps, les ruines romaines de Tipaza à 70 km d’Alger méritent une excursion : classées à l’Unesco, elles comptent parmi les plus beaux sites archéologiques du Maghreb. Les plages de Sidi Fredj et Zéralda, proches de la capitale, sont idéales pour la baignade. Les randonneurs apprécieront les sentiers de la forêt de Baïnem, avec une vue imprenable sur la baie. Et pour un moment de calme absolu, un hammam traditionnel algérois s’impose en fin de journée.



